On pourrait s'y tromper ( et cela nous est arrivé nous-même ). Nous pourrions effectivement croire que ce qui nous lie est ambigu. On pourrait se demander ce qu'il se passe entre nous. Soit que l'un, ou l'autre ne soit sincèrement amoureux. Soit que ni l'un ni l'autre ne le soit et entretiennent une relation qui ne viserait qu'à combler un vide. Je confirme, ce qui nous lie est "ambigu". Si ce que l'on appelle l'ambiguité n'est rien d'autre qu'un sentiment qui vire d'une tendance à l'autre. Pourquoi l'Homme a-t-il cette fâcheuse manie de vouloir "compartimenter" une chose aussi pure, intense, riche et nuancée qu'un sentiment ? Alors oui, je l'avoue franchement, j'aime ce jeune homme d'une manière assez étrange et tout à fait ambigue que lui et moi avons décidé d'appeler de " l'amour d'amitié" ! Vous m'emmerdez tous à la fin. Très honnêtement je crois que la simple idée qu'il n'existe en ce monde qu'un certain grand couillon d' "Amour" et qu'une drôle d' "Amitié" n'est qu'un immense...canular.
Je vais vous dire (et lui dire, par la même occasion, ça tombe bien ) qu'il est le genre de personne à qui j'ai envie de faire énormément plaisir. J'ai envie de le voir exploser de bonheur. J'ai envie de le voir sourire et qu'il me sourie. Et je ne dis pas cela parce que je me sens toute petite à côté de lui ( koff..) ou bien parce qu'il me ferait "peur". Oui, c'est vrai, je crains sa colère, je ne la supporte pas, pas du tout, elle m'insupporte. J'ai envie de disparaître. Mais pas parce que j'ai "peur" de lui...pas parce que je crains le moindre geste de sa part. Mais parce que j'ignore totalement quelle doit être ma réaction face à cela, parce que je me sens totalement dépassée et presque désespérée de le voir triste ou en colère, que ça m'énerve de ne pas savoir comme bon sang de merde, je peux me dépétrer pour lui rendre sa bonne humeur dans ces cas là. Elle m'insupporte parce que quand je suis là, près de lui, je voudrais retourner le Ciel et la Terre pour illuminer son regard et son sourire d'un millier d'étoiles. Parce que moi-même, lorsque je le vois rire, je n'ai pas de plus grand bonheur.
...De l'amour ? Oui.
Et pourtant voyez-vous, je n'ai pas la prétention de vouloir me "l'approprier", ni recevoir je ne sais quel titre qui me favoriserait par rapport aux autres. Je n'ai pas envie de recevoir une "garantie" : t'es sa copine, il t'apparient, si il te trompe c'est un salaud. Dans ce qu'il se passe entre nous, il n'y a pas d'histoire de tromperie. Je n'irai pas jusqu'à dire pourtant, qu'il n'y a pas de jalousie. Il peut mater toutes les filles qu'il souhaite, je m'en fiche éperduement. Mais...je pense très honnêtement que je le verrais sereinement peloter une fille en face de moi. Et je pense très honnêtement aussi qu'il ne regarderait pas très sereinement un type me pelote en face de lui.
Je ne suis pas obsédée par Julien, et si j'ai toujours une pensée pour lui elle est toujours très tendre et "amicale", puisqu'il faut le dire ainsi. Je ne ressens pas le besoin pressent de lui parler absolument tous les jours, et pourtant il me manque comme n'importe quel ami cher me manquerait. Je suis avec lui telle que je suis avec vous autres, et c'est peut être un défaut, je ne sais pas...Je lui parle très périodiquement, mais lorsque je le fais, cela me rend heureuse.
Alors vous voyez, ce qu'il se passe entre nous est ce qu'il y a probablement de plus "ambigu" dans la relation qui puisse lier deux personnes. Et pourtant, c'est sans doute la relation la plus claire, humaine et sincère que je connaisse. Il est chiant et râleur au possible et je le lui dit. Je suis chiante et féminine au possible et il me le fait savoir ^^. Mais on s'aime et croyez-moi, on se le dit aussi. Moi qui mets tellement de réserve dans mes mots, et pourtant qui aime de la manière la plus tendre et sincère possible, il a sû m'entendre et cela me rend incroyablement heureuse. Parce que je suis son amie, je ne lui pète pas de scandale lorsqu'il me parle des autres filles, ou qu'il me fait vivre son putain de caractère pourrit ^^. J'aurais envie de lui en balancer dans la gueule pourtant, mais je sais que c'est exactement ce qu'il voudrait...
On s'est engueulé, fort une fois, on s'en est beaucoup voulu et surtout nous ne nous sommes pas compris. Cela nous a valu une bonne période de silence que j'ai largement entretenue. Pourtant je ne l'oubliai pas.
Ce qu'il s'est passé m'a permis de réfléchir et de réaliser beaucoup de choses. Eh oui, j'ai grandit sempai ;) ( + 3cm youhouuu !). Et si un jour je me mets en colère, ce qui arrivera très probablement, ce sera pour te dire que merde, arrête de te faire passer pour ce que tu n'es pas et de croire ce que les autres imbéciles te racontent ! Non, tu n'es pas égoïste, et non, tu n'es pas méchant. Et oui, tu as un coeur, un coeur énorme, je l'ai bien entendu tambourriner là dedans ! Oui, tu peux être blessant, car tu sais très bien ce qu'il faut leur dire aux gens pour viser leur ego. Tu peux te laisser emporter pour une raison ou une autre et croire que tu contrôle parfaitement ce que tu fais, ce que tu dis, et te prendre pour un monstre...C'est malheureusement humain, et la plupart des gens sans en parler l'ont compris et en jouent. Ne les laisse pas te faire passer pour ce que tu n'es pas.
Moi aussi j'ai un ego, un gros gros ego, et il a horreur qu'on le destabilise alors qu'il est soigneusement installé dans son petit nid douillet de fierté et d'assurance. Des chimères...Et moi aussi, toute humaine et imparfaite que je suis, je peux le laisser prendre les rênes et ne pas réagir comme je le voudrais. Parce que "je", le "moi", mon vrai moi t'aime de tout son coeur. Et quand on aime, on n'a pas envie de perdre. Je ne veux pas te perdre.
Pourtant, c'est vrai, je peux partir...sans vraiment d'explication, ni vraiment pouvoir me l'expliquer moi-même. Je suis partie, parce que le moindre de tes mots pointant mon erreur me faisait trop de mal. Beaucoup trop de mal...j'avais eu tort, et j'en recevais les conséquences. Je m'en suis énormément voulue, j'ai beaucoup souffert, crois-moi, je ne dis pas " Tu m'as manqué" au hasard. J'avais honte et je n'avais plus aucune confiance en moi-même. Mes actes étaient francs pour moi et ne l'étaient pas pour toi. Je voulais une chose et son contraire et je t'ai demandé les deux en même temps, pas étonnant que cela t'aie échappé.
J'espère de toute mon âme avoir été aussi franche que possible et ne pas avoir commis d'erreur, car c'était ma plus grande inquiétude. Je t'ai clairement dit, que non, effectivement, ce que je ressentais pour toi n'était pas de l"amitié". Mais que non, effectivement, je ne ressentais pas les affres de la "passion". Je t'aime comme l'amour et l'amitié peuvent aimer ensemble. Ou autrement peut-être. Et je m'en contrefiche.


